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par Micheline Simard

Vous avez besoin d’une soirée qui enchante? Laissez-vous plonger en apnée dans la profondeur du texte et le travail chorégraphique efficace des comédiens de la pièce Écume, de la dramaturge et metteure en scène Anne-Marie White, aussi directrice artistique du théâtre du Trillium d’Ottawa. L’œuvre, primée lors de sa première mouture scénique en 2007, a été revue par son auteure et est présentée jusqu’au 16 octobre au Théâtre Périscope.

C’est une histoire qui soulève plus de questions que de réponses. Dès les premiers mots du premier personnage (une morte), et il en ira ainsi à chaque apparition des autres (une femme-poisson enceinte d’un biochimiste, depuis leur première rencontre, et un croque-mort mi-homme mi-femme, qui sert de médium entre le monde des vivants et des morts), le spectateur est introduit dans une étrangeté pleine d’humour et de poésie, d’où il ne sera expulsé qu’à la toute fin de la pièce, comme la mer rejetterait une épave. C’est donc légèrement «écumé» qu’on risque de retrouver une respiration normale, non sans regrets.

Car on nous fait vivre cette expérience à travers le mouvement constant des corps qui nous berce, tout spécialement celui gracieux et remarquable de l’amoureuse romantique (Joëlle Bourdon) et celui de son compagnon (Pierre Antoine Lafon Simard), pas moins talentueux.

«C’est beau la peur», est-il écrit en grosses lettres à l’arrière-plan de la scène, entre autres énoncés. La peur de mourir ou de vivre? Qu’importe. L’auteure rappelle qu’on montre, ce faisant, que la vie est importante, mais elle précise à travers sa Morgane qui parle à la fille-poisson croissant en elle : «Le rêve fera partie de toi. Il teintera ta perception du monde et ce monde t’appartiendra». Le moins qu’on puisse dire, c’est que le texte n’est pas banal et  que la prochaine œuvre de cette auteure sera à ne pas rater.

www.theatreperiscope.qc.ca

Photographie de Richard Tardif