Pater: un faux documenteur sur l’exercice de l’état

Publié: 9 mai, 2012 dans Cinéma, vidéo, télévision
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par Lucie Vallée

Du 10 mai au 2012, le cinéma Le Clap présente le film Pater d’Alain Cavalier. Ce film, qui emprunte au documentaire une structure simulée de «réalité filmée en direct», est une proposition ludique du réalisateur qui explore les possibilités du cinéma d’une façon  originale, en complicité avec l’acteur Vincent Lindon.

En effet, un film documentaire s’appuie sur une proposition de réel (fait, lieu, situation, personnage) pour en dire plus, pour faire découvrir quelque chose de plus large. Il s’agit pour l’auteur d’identifier ce qui, dans cette réalité, peut constituer une histoire. Dans Pater, les formes documentaire et fiction se rejoignent et Alain Cavalier joue avec brio sur la confusion des genres en nous présentant un échange (réel?) avec l’individu Vincent Lindon, qui côtoie des scènes clairement fictives où Cavalier et Lindon tiennent respectivement les rôles du président de la République et de son premier ministre. Entre les deux univers de la réalité et de la fiction qu’on a tendance au départ à différencier, les scènes glissent par moments de l’un à l’autre dans des zones confuses où le réalisateur joue avec les repères. Ce faisant, il interpèle le spectateur, suscite des questionnement sur la distinction entre le vrai (?) et le faux, l’interpénétration et la confusion des relations entre individus, personnages, politiques, citoyens, acteurs. Au cours du film, des désaccords se dessinent parallèlement entre les personnages et entre Lindon et Cavalier, un conflit mettant en lumière l’autre avec un jour nouveau. Cette simili (?) lutte de pouvoir s’additionne à une relation en quelque part paternelle à différent niveaux. L’ensemble construit un discours sur la stratégie politique et les inégalités sociales à une époque où le citoyen interpèle de plus en plus le politique et la délibération sur les enjeux sociaux, dans la mouvance de documentaires récents comme Quais-blues de Richard Lavoie ou La grande invasion de Martin Frigon.

Si la démarche nous convient, on ressort de ce film dupé, amusé, stimulé.

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