le chant du dire dire daniel danispar Vanessa Gagnon Bédard et Rodrigue Allard

La troupe de théâtre Mimésis présente jusqu’au 8 mars 2014, dans la salle de la Nef (Coopérative de solidarité Notre-Dame de Jacques-Cartier dans l’ancienne église du même nom sur la rue St-Joseph), la pièce le Chant du Dire-Dire, un conte sur la folie d’amour…familial, un texte de l’auteur Daniel Danis dans une mise en scène de Marc Béland.

C’est une oeuvre déconcertante, une histoire bien racontée par de grands enfants, Rock, William, Fred-Gilles et Noéma. Dans la majeure partie de la pièce, les personnages sont devenus adultes, mais tout en eux est demeuré enfantin. Même le grand frère qui depuis l’enfance a remplacé les parents décédés est en fait un enfant mature. Le caractère résolument enfantin des deux autres personnages se voit entre autre dans le ton de leurs voix ainsi que dans leurs propos. Ils sont adeptes de la pensée magique à un point qui, venant de véritable adultes, serait considéré comme de la folie; ils croient en effet que l’amour exalté qu’ils portent à leur soeur Noéma suffira à la sortir de coma sans aucune intervention médicale. L’amour qu’ils se portent est le fil conducteur de l’intrigue.

La pièce en effet pourrait se résumer ainsi: ayant perdu leurs parents suite à un terrible orage électrique, ils refusent catégoriquement d’être confié en adoption et préfèrent se passer de la présence d’adultes responsables, de peur d’être séparés. Devenus officiellement « adultes », le départ temporaire de leur soeur représente pour eux une déchirure atroce et son retour les met dans un état d’exaltation. Constatant que celle-ci est gravement malade et au point de tomber dans un coma, ils refusent de la placer à l’hôpital et s’obstinent à la garder chez eux; cela pour garder leur famille ensemble envers et contre tous. Ce qui aura des conséquences tragiques.

Pour favoriser le caractère enfantin de la pièce, le cadre est délibérément intemporel. Les personnages ne portent pas de costumes spécifiques à leur rôle ou à ce qui ce passe, le décor est quasi inexistant, les accessoires et les allusions à la technologie ne disent rien non plus (exception faite d’une référence à une camionnette conduite par les personnages) et aucun évènement d’actualité ne permet de situer l’histoire dans le temps.

C’est une pièce à recommander pour les gens qui aiment se faire raconter des histoires tragiques empreintes d’un amour passionné.

À  surveiller à partir du 11 mars, le Théâtre Premier Acte propose sur la scène de la rue Salaberry la pièce Femme non-rééducable/Anna P., toute pertinente d’actualité avec la présente invasion russe en l’Ukraine, adaptée d’un texte original de l’auteur Stefano Massini mis en scène par Olivier Lépine.

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Programmation du Théâtre Premier Acte

Photographie de Gabriel Talbot Lachance

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