Archives de décembre, 2011

Nombreux sont ceux qui planifient leurs activités de fin d’année et particulièrement la soirée de la St-Sylvestre, le 31 décembre. Au Québec, certains sont bien servis en frais d’émissions télévisées qui font des bilans humoristiques de l’année et qui accompagnent leurs soirées. Outre les restaurants et bars qui offrent des célébrations de fin d’année, pour ceux qui préfèrent mettre le nez dehors, plusieurs endroits dans la ville de Québec abriteront des festivités. Depuis quelques années, la Grande-Allée devient piétonnière pour l’occasion et est le site d’une soirée animée où l’on peut voir et entendre de la «pyrotechnie urbaine», des chansons à répondre, rigodons technos et electro-reels, et une revue de l’année du caricaturiste André-Philippe Côté. À quelques pas de là une Grande Roue s’installera une nouvelle fois, jouxtant le manège militaire, et permettra à plusieurs d’avoir un point de vue spectaculaire sur la ville (du 27 décembre au 1er janvier). Le Musée de la civilisation n’est évidemment pas en reste et pour la période du temps des fêtes, ses sites sont ouverts à tous les jours, incluant le lundi 2 janvier.

Près des ponts, l’Aquarium du Québec est l’hôte de la 4e édition du Festi Lumière. Déploiement sous le thème principal de la lumière, un parcours extérieur permet de croiser arbres, structures en forme d’animaux et sculptures de glace. Un décor lumineux multicolore met en scène différentes activités, notamment une maison de pain d’épices, des glissades, des jeux, un bar de glace et des foyers extérieurs, le tout accompagné de musiques festives avec un maître de cérémonie pouvant réchauffer et faire bouger les petits et les grands. Ce site est ouvert tous les soirs du 26 décembre au 8 janvier et du 13 janvier au 10 mars 2012 les vendredis et samedis soirs (tarif d’accès).

On peut visiter le site internet QuébecAdabra! et le consulter facilement pour trouver des activités selon les dates d’intérêt. Le Réseau de transport de la capitale offre par ailleurs des navettes gratuites du 22 décembre au 4 janvier dans le cadre des festivités organisées par la Ville de Québec qui se déroulent dans le quartier du Petit-Champlain, le quartier Saint-Roch et au parc de l’Esplanade. On peut également prendre en compte dans ses déplacements que la circulation automobile et le stationnement sont modifiés entre les 27 décembre et 4 janvier sur une portion de la Grande-Allée et quelques rues avoisinantes.

Liens suggérés
Site QuébecAdabra!
Programme du Complexe muséal du Musée de la civilisation
Site de l’Aquarium du Québec
Festivités de fin de l’année à la Ville de Québec et modification de la circulation

Île de la nuit de Vivianne Bazinet

par Jean Dorval

Chercher la poésie, là où elle se trouve. Pas toujours dans les livres, bien que ces derniers en soient les phares privilégiés. Ainsi en est-il de l’exposition Comme une neige cruelle et douce, qui se tient encore les 29 et 30 décembre 2011 à La Galerie du Trait-Carré dans l’arrondissement Charlesbourg, et où il est possible de se laisser séduire par les palettes d’artistes locaux alors que les mots du recueil Les îles de la nuit de du poète Alain Grandbois sont matière à leur inspiration. De jeunes artistes ont découvert ce voyageur du temps de notre poésie; ils nous invitent à y poser le regard.

Comme une neige cruelle et douce… écrit Alain Grandbois. Il y a dans cette exposition une offrande à la fois sauvage et tendre à la nature. Dans l‘éblouissement comme la fantaisie, où le figuratif et l’abstrait lyrique se confondent pour mieux émouvoir.

Mme Pierrette St-Pierre, organisatrice de l’événement n’en est pas à sa première exposition avec La Société artistique de Charlesbourg et elle étonne le visiteur avec mille et une trouvailles où poètes et peintres lui font pénétrer conjointement leurs univers. D’autres plaisirs pour vos yeux s’en viennent lors des prochaines expositions. Il est possible d’en avoir un aperçu dans la brochure de la Ville de Québec Trafic culture édition hiver 2012.

Comme quoi il est étonnant de constater qu’une invitation n’arrive presque jamais sans qu’une autre se profile…

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Trafic culture : édition hiver 2012
Galerie d’Art du Trait-Carré

par Lucie Vallée

Mercredi 21 décembre, dans une salle archi bondée à l’Hôtel-Musée de Wendake, l’artiste multidisciplinaire Christian Laveau offrait au public un CD intitulé Sondakwa, c’est-à-dire «aigle» en langue huronne-wendat. Ce projet est le fruit d’un labeur qui s’est étalé essentiellement au cours des deux dernière années en navigant à travers les agendas chargés de tous et chacun, avec la collaboration du musicien Gilles Sioui à la direction musicale.

Ayant une formation en théâtre autochtone, spécialisé dans les plantes indigènes du Québec, animateur à la télévision sur les ondes d’APTN, chanteur et danseur dans le spectacle Kiugwe à Wendake lors des festivités du 400e anniversaire de la ville de Québec, Christian Laveau est présentement chanteur principal du spectacle Totem du Cirque du Soleil, mis en scène par Robert Lepage. Son parcours permet d’apprécier les dimensions complexes de sa culture amérindienne et son importance dans l’originalité de sa démarche artistique et de ses modes d’expressions.

Lors du lancement à l’Hôtel-Musée, une représentation nombreuse de la communauté de Wendake et de la région de la capitale dans l’ensemble démontrait des encouragements à ce projet culturel réalisé à l’aide d’un nombre impressionnant de collaborateurs que Christian Laveau a remercié ce soir là avec une simplicité et sincérité chaleureuse. S’accompagnant au tambour, il a interprété trois pièces à cette occasion avec les musiciens Gilles Sioui, Yves Drolet et RIchard Lavoir à la guitare, et Dan Godro au clavier. Ces chansons étaient une invitation à explorer l’ensemble du CD où la tradition huronne-wendat revisité par Christian Laveau entrelace les langues autochtones, françaises et anglaises rappelant l’histoire d’une nation confluente, dans une facture à la fois folk et «bluesée» maîtrisée par le directeur musical du projet.

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Site web de Christian Laveau
Épisode de la websérie documentaire TOTEM@DÉCOUVERT_ consacré à Christian Laveau

par Micheline Simard

Samedi dernier au Palais Montcalm, Les Violons du Roy étaient dirigés par le dynamique chef en résidence, Eric Paetkau, et recevaient la contralto Marie-Nicole Lemieux. L’une de ces voix qui émerveillent et qui se font remarquer partout où elles se produisent. L’artiste nous a fait vivre intensément l’espoir, le réconfort, la paix et l’amour exprimés dans les cantates sélectionnées de l’Oratorio de Noël de Bach. On a pu ainsi avoir l’impression, tout au long de la soirée, de se laisser bercer, parce que les musiciens accompagnaient en douceur la voix émouvante,  mais aussi parce que les autres œuvres au programme étaient, toutes, dans cette même ambiance de calme, à part l’Ouverture en fa majeur de Telemann avec ses mouvements plus rythmés de danse et son Carillon, ou ces moments enchanteurs, alors que les instruments se répondaient de façon plus soutenue, comme les deux violons du Concerto grosso en do majeur, op. 3 no 12 de Manfredini. Les applaudissements d’une salle comble, et comblée, ont attiré les faveurs de la contralto qui réservait à son public quelques airs de Noël traditionnels et qui les a offerts avec un plaisir évident.

Pour entendre Marie-Nicole Lemieux, on peut écouter ce concert qui a été enregistré et qui sera en rediffusion sur le web sur le site d’Espace Musique après le 21 décembre, ou se procurer un de ses disques, dans lesquels elle chante seule ou en compagnie de son amie Karina Gauvin, ou sous la direction du nouveau chef de l’OSQ, Fabien Gabel.

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Site web de Marie-Nicole Lemieux
Programmation des Violons du Roy
Émissions en rediffusion sur le site web d’Espace Musique

par Lucie Vallée

Dans le cadre des festivités célébrant la quarantième année d’opération du Grand Théâtre de Québec, la salle Louis-Fréchette accueillait samedi 17 décembre la dernière manifestation artistique proposée pour célébrer les accomplissements associés à ce complexe culturel. Au cours de l’année qui s’achève se sont succédés des expressions artistiques multidisciplinaires s’inspirant de l’esprit, du caractère et de l’histoire du Grand Théâtre, qui fut une des premières réalisations architecturales dans l’histoire de l’art contemporain intégrant aussi étroitement les arts plastiques, grâce à la démarche de l’architecte du projet Victor Prus. Ce dernier a réalisé à l’époque une collaboration ambitieuse avec le poète Claude Péloquin et le sculpteur Jordi Bonnet autour des thèmes du passé, du présent et du futur, ou plus encore de « la mort, l’espace et la liberté ». Plusieurs considèrent d’ailleurs la murale du sculpteur comme le chef-d’oeuvre de sa carrière.

La gamme d’évènements artistiques s’étendait des expositions (une première à caractère historique puis une deuxième consacrée à l’oeuvre de Jordi Bonnet plus tôt cette année), une diffusion extérieure du concert inaugural de la saison en septembre et plus récemment à des activités extérieures telles l’immense graffiti des artistes Doyon-Rivest, l’oeuvre déambulatoire du chorégraphe Harold Rhéaume à Place Fleur de Lys, le récital du choeur de l’opéra de Québec à Place Laurier et la sortie nocturne, en collaboration avec le théâtre du Trident, de comédiens envahissant la rue Cartier à la stupéfaction des passants.

Le spectacle-commémoratif sous la direction artistique sobre et fluide de Martin Genest se voulait une proposition conviviale réunissant des artistes de différents horizons ayant foulé les scènes du Grand Théâtre au cours des années. Le résultat était un spectacle parfois énergique, joyeux ou émouvant articulé autour de la chanson où la contribution d’André-Philippe Gagnon donnait une modeste mais savoureuse place à l’humour, au grand plaisir du public.

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Pour un regard sur les 40 ans du Grand Théâtre de Québec et les festivités

par Eriola Cela

Un voyage immense du Mexique à Kiev, de Rhodes jusqu’en Chine, à travers les récits pleins d’émotions, d’interrogations et de contradictions de l’auteur québécois d’adoption et d’origine auvergnoise Roland Bourgneuf, accompagné par les timbres magiques de Pierre Bouchard claveciniste et la puissante voix de Robert Huard. C’était la soirée organisée par les Poètes de l’Amérique Française lundi 12 décembre, à la Chapelle du Musée de l’Amérique Française. Vous pouviez découvrir à chaque récit le plaisir de vivre une nouvelle aventure, de rencontrer des personnages à la recherche de réponses et de profiter de la mosaïque émotionnelle où nous emmènent la lecture et les timbres du clavecin. Si vous voulez vous laisser transporter lors du prochain récital, une invitation est lancée pour le lundi 9 Janvier 2011, avec l’auteur Hector Ruiz, accompagné par le baryton Patrick Brown et Nathalie Tremblay au piano.

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Programmation des Poètes de l’Amérique française
Extrait audio d’une lecture du prochain invité Hector Ruiz

C’est la dernière fin de semaine avant les congés de Noël et de la fin d’année. Pour ceux qui sont moins intéressés à passer du temps dans les magasins et préféreraient se divertir et se détendre avec un loisir captivant ou émouvant, les possibilités sont grandes. C’est une dernière occasion de profiter de belles expositions à l’entrée libre dans le domaine des arts visuels et dont plusieurs prennent fin dimanche le 18 décembre.

Côté spectacle, on peut souligner l’évènement-spectacle commémoratif à l’occasion de l’anniversaire des quarante ans du Grand Théâtre (Les 40 ans du Grand!, samedi le 17 décembre). Le Musée de la civilisation, en collaboration avec le Centre de valorisation du patrimoine vivant, présente à la maison Chevalier les Contes à passer le temps, des contes pour adultes mis en scène par Maxime Robin sur des textes de plusieurs auteurs de Québec (16 et 17 décembre) et encore du côté du conte, l’artiste multidisciplinaire Isabelle Richard propose des contes contemporains et musique foraine avec les Contes du dernier wagon, (17 décembre au Café Le Billig).

Par ailleurs on peut surveiller à proximité de chez soi les concerts, notamment du Choeur du Vallon (Concert de Noël le 19 décembre à 14 h 30 à l’Église Saint-Thomas-d’Aquin), de Gregory Charles et l’OSQ (La grande virée de Noël, au Pavillon de la jeunesse), du groupe vocal Les loriots (Église St-Félix de Cap-rouge le 17 décembre) ou de l’école de Musique des troubadours à Charlesbourg (17 et 18 décembre à la Salle Pierre Garon, au coeur du Trait-Carré de Charlebourg) ou encore faire un détour vers le théâtre avec la proposition de saison du Centre d’interprétation historique de Sainte-Foy (Pièce de théâtre: Noël 1933, du 15 au 18 décembre). Vous n’avez donc que l’embarras du choix et des activités diverses qu’on retrouve sur des sites comme « Quoi faire à Québec« .

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Idées de sorties à la ville de Québec
Quelques spectacles en décembre

Photographie gracieuseté du Théâtre Exaltemps

Par Lucie Vallée

Le 16 janvier prochain, la troisième et dernière saison de l’émission Chabotte et Fille débutera sur les ondes de Télé-Québec. Cette série du producteur Michel Gauthier, originaire de Québec, met en valeur la ville et le talent phénoménal d’artistes et artisans d’ici avec un souci et une qualité éloquents. En plus des acteurs comme Jacques Girard, Claudiane Ruelland, Nathalie Mallette, Marie-Ginette Guay et Hugues Frenette, dont plusieurs sont impliqués régulièrement sur les scènes de Québec, il faut souligner la musique du compositeur Olivier Oriol qui supporte l’action avec efficience. En visionnement de presse cette semaine il était possible de constater le changement de ton de l’émission qui, sous la férule du réalisateur de Louis Bolduc, présente une ambiance de plus en plus dramatique et devient une série policière sombre et intense avec une certaine dose d’humour. Une connaissance intime de la ville permet à l’équipe de présenter Québec sous des angles à la fois contemporains et dans une esthétique et une utilisation du tissu urbain particulièrement efficaces dans les deux premiers épisodes qui ont été présentés en avant-première. Cette année, la responsabilité de l’écriture est assurée par l’auteur Mario Bolduc et une équipe composée également de Hugo Dubreuil, Mireille Mayrand-Fiset et Jacques Côté.

Beaucoup des gens de Québec dans la production télévisuelle et cinématographique doivent s’expatrier vers la métropole et il est positif de les voir revenir dans la région pour réaliser de tels projets et contribuer aux dynamismes culturel et économique  pluridisciplinaires de la capitale.

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Site de l’émission Chabotte et fille

Photographie courtoisie de Télé-Québec

par Micheline Simard
Le 8 décembre, la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm était pleine, comme elle le serait le lendemain. La population de Québec aime Le Messie de Haendel, cela ne fait aucun doute. Aussi accourt-elle avec grande confiance lorsque l’œuvre doit être interprétée par Les Violons du Roy et La Chapelle de Québec, qu’elle connaît bien, sous la direction de Bernard Labadie, qu’elle aime beaucoup et qui est le fondateur de ces deux formations notoires du rayonnement musical québécois. Du reste, l’oratorio de ces deux soirs-là ne la décevra pas.

La disposition en demi-cercle des choristes derrière l’orchestre était bien pensée. Elle donnait une note de solennité au rôle du chœur, tout en favorisant son écoute. Cette note était d’ailleurs soutenue par l’excellent travail des musiciens, complété par celui des solistes regroupés discrètement devant le choeur, au centre de la scène : Lydia Teuscher, soprano, Krisztina Szabo, mezzo-soprano, James Gilchrist, ténor et Kevin Burdette, basse.

Sans conteste, l’interprétation fut magnifique. Cette réussite, on se doit de l’attribuer de façon spéciale au talent du chef Labadie, à sa complicité avec les artistes et à son plaisir évident de diriger Le Messie. Lors du premier concert, une émotion inédite nous attendait après l’annonce faite par la basse : Behold, I tell you a mystery… Puisque la trompette de Benjamin Raymond semblait vouloir refuser de dévoiler le mystère… Alors, quand The trumpet shall sound vibra enfin,  ce fut un moment triomphal, tel celui qui mérite de décrire le concert.

Le public de Québec est choyé. Un autre rendez-vous à la veille de Noël ne laissera pas indifférent : le 17 décembre, Les Violons du Roy recevront la visite de Marie-Nicole Lemieux.

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Programmation des Violons du Roy

Photographie de David Cannon

par Lucie Vallée

Le café-librairie Hannenorak présentait samedi le 10 décembre à la salle Kondiaronk de Wendake le premier Salon du livre des premières nations. Avec un programme ou tables rondes alternaient avec lancements de livres, animations et lectures, chercheurs, auteurs, éditeurs et public se sont donné rendez-vous et ont partagé leur intérêt pour la littérature autochtone dans des présentations et des échanges riches et intéressants. Entre les confidences de Joséphine Bacon, les récits essentiels de Naomi Fontaine, le pouvoir des mots de Virginia Pésémapéo Bordeleau et les révélations d’une Christine Sioui Wawanoloath réunies en panel, la littérature autochtone prend forme et défend sa place dans le quotidien et l’extraordinaire pour nourrir une culture qui s’exerce à se dire et s’écrire, expression essentielle pour ces auteurs et pour appréhender la réalité dans laquelle ils vivent ou survivent. L’appréciation manisfestée par les différents participants augure positivement pour le futur de l’évènement. Y était représentés les trois principaux éditeurs québécois d’auteurs amérindiens – les éditions Cornac (auparavant le Loup de gouttière), Mémoire d’encrier et Hannenorak – dont le travail est crucial pour la construction d’une infrastructure permettant à la littérature autochtone de trouver l’espace qui lui est juste et nécessaire.

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Editions Cornac
Naomi Fontaine et Joséphine Bacon aux Editions Mémoire d’encrier
Éditions Hannenorak