De festival en festival, Québec s’attaque à combattre les déprimes automnales et les organisateurs du 6e Festival folk de Québec s’attellent tout particulièrement à la tâche du 9 au 12 novembre 2012. Fort d’une expérience qui se développe avec les années, après trois premières éditions estivales, c’est maintenant pendant l’automne que cet événement nous est proposé. Ainsi, durant quatre jours les rythmes folk du Québec, du Canada, des États-Unis ou de la France sont offerts aux spectateurs.

Quatre salles, le Cercle, Le pub Saint-Alexandre, L’AgitÉe et le Sacrilège accueilleront du Québec des artistes comme Éric Goulet lançant son plus récent disque, Joe Grass, récipiendaire de l’ADISQ ou les Appendices, qui sont connus par leur projet à Télé-Québec. Chloé Lacasse, forte de sa victoire aux dernières Francouvertes et d’un CD réalisé par Antoine Gratton, sera au Cercle samedi le 12 novembre. De la ville de Québec, le groupe Bleu Pelouse et Sylvia Beaudry nous présenteront les couleurs d’un folk tout près de chez nous. Celle-ci, active sur la scène locale des dernières années, devrait bientôt graver ses chansons sur disque et offrira une performance empreinte de la chaleur et de la finesse qui lui sont propres. Katie Moore et Julie Doiron présentent des projets folks mâtinés d’origines plus lointaines et sont précédées de commentaires élogieux qui présagent de belles rencontres. D’outre-atlantique, les Vendeurs d’enclumes venus plus tôt cette année à Québec et présentement en tournée seront des dignes représentants de la scène franco-française. L’ensemble de la programmation nous promet une édition 2011 de qualité et des expériences musicales aidant à attendre la première neige.

Pour plus d’information ou consulter la programmation: www.festivalfolkdequebec.com
et quelques suggestions:
http://www.chloelacasse.com/
http://lesappendices.telequebec.tv/
http://juliedoiron.com/

Pour une toute première fois, le Festival du Jamais Lu prendra vie les 17 et 18 novembre à Québec. Ce festival a déjà connu dix éditions à Montréal et étendra ses ailes au bar l’Agitée de la rue Dorchester sous l’égide bienveillante de l’auteure et actrice Anne-Marie Olivier. Le Festival du Jamais Lu  a été développé à l’origine dans le but de présenter et de faire découvrir des écrits théâtraux et de mettre en lumière la créativité, la beauté ou la force de mots n’ayant pas encore été l’objet de représentation. Ainsi, des textes enracinés dans notre époque et inspirants pour mieux saisir la société contemporaine seront proposés par des auteurs de Québec ayant décidé d’investir la scène du festival.

Le Jamais Lu de Québec a bâti une programmation en trois temps à un coût très abordable. Tout commencera le 17 novembre par une soirée où cinq auteurs donneront à entendre du matériel en travail qui se retrouvera sur scène prochainement. Dans un deuxième temps le 18 novembre aura lieu une table ronde en formule 5 à 7 où les participant articuleront une discussion sur l’auteur dramatique dans la cité, ouverte gratuitement au public. Finalement cette même journée, un cabaret «corrosif» est proposé où une dizaine d’auteurs se sont engagés à laisser libre court à leur plume et oser une prise de parole sans concession, lucide, téméraire ou crue… sous la baguette de Marie-Josée Bastien.

Dans une certaine continuité avec la deuxième édition de Québec en toutes lettres tenue avec panache en octobre dernier, les mots dits et écrits sont en train de tenir feu et lieu à Québec. Cette expression à l’origine propre au monde seigneurial, peut signifier un engagement à défricher, mettre en valeur et construire un espace où le festival du Jamais Lu nous propose de s’aventurer avec générosité et enthousiasme.

Pour information ou réservation: www.jamaislu.com

par Micheline Simard

Jusqu’au 26 novembre prochain, la Compagnie dramatique du Québec présente au théâtre Périscope, Laurier Station – 1000 répliques pour dire je t’aime. C’est une pièce chargée d’émotions, chaque personnage ayant des motifs de se sentir mal dans sa peau à un moment ou l’autre. L’histoire est complexe, mais demeure réaliste. Le flot abondant et juste du discours de l’auteure, Isabelle Hubert, qui est vraiment très douée, décroche des rires spontanés nécessaires après quelques tirades dramatiques ou inutilement longues. Car le ton élevé des voix, à l’occasion, ou l’énervement de certains personnages peuvent finir par être agaçants pour un spectateur venu se divertir. Cela dit, les mêmes éléments font bien sentir la fébrilité ou le côté déjanté d’un personnage. Ici, il faut souligner l’audace du metteur en scène, Jean-Sébastien Ouellette, qui a privilégié un décor statique et réduit, pour mettre en valeur l’action qui se déroule sous nos yeux. Deux (ou plus) personnages se retrouvent ainsi en temps réel dans le même décor, qui représente en fait deux lieux distincts, deux situations parallèles juxtaposées. Dans l’ensemble, l’effet est très intéressant. Il ne faudrait pas sous-estimer, pour parvenir à cette réussite,  la contribution des comédiens qui cambrent si bien leur rôle qu’ils ne cessent d’être crédibles, même Carolanne (Joëlle Bond), qui est le personnage poussé à la limite de la caricature : elle fait rire ou désespère, mais force une réflexion sur les manières inacceptables  d’exprimer son amour. Ça complète le sujet de cette pièce à ne pas rater.

Laurier Station – 1000 répliques pour dire je t’aime : bit.ly/qKw8dY

Depuis 5 ans, le bar La Ninkasi du faubourg a pignon sur la rue St-Jean et contribue à enrichir l’offre de spectacles musicaux à Québec. Dans un désir de se développer et d’offrir un produit original, l’équipe de la Ninkasi a récemment mis en place un service assez unique pour les professionnels de la musique. Ainsi, dans le cadre de projets de lancement de disque, on y offre maintenant un service intégré de lancement qui est unique à Québec, et possiblement au Québec. En effet, l’établissement fournit les ressources de relation de presse, support technique, promotionnel et autre, nécessaires pour réaliser l’évènement. Un peu surpris du succès rapide de l’exercice, l’équipe de la Ninkasi à permis de répondre à des besoins et une demande réelle et contribue au dynamisme culturel de Québec.

Ainsi, mardi le 25 octobre, Monya Mathieu, une artiste de la région lançait à la Ninkasi un cd éponyme devant un auditoire complètement charmé par la sincérité et l’énergie de cette jeune femme au parcours déjà riche. Elle était accompagnée des musiciens Dan Auger et Sylvain Mailloux à la guitare, Sébastien Dubois à la batterie, Sébastien Champagne aux claviers, et aux choeurs par Karine Monette et Christine Mercier. Récipiendaire de plusieurs prix dans le passé (festival de musique en chanson de Petite-Vallée, station de radio CFOM 102,9 à Québec), elle a présenté un spectacle au Capitole de Québec en 2010. Ayant sillonné la province et ses festivals en passant par le fameux Woodstock en Beauce dans différents styles et projets musicaux, Monya a accumulé des expériences et développé une maîtrise du métier qu’elle a appliqué à ce projet dans une pop-rock de grande qualité. Ses influences et ce créneaux musical sont propices à une expérience principalement dans la langue de Shakespeare mais Monya qui a été porte-parole de Découvertes… chansons francophones 1998,  embrasse complètement ses racines en Amérique française. Elle est l’incarnation du talent, de l’engagement et de la ténacité dont doivent faire preuve de nombreux artistes pour vivre de leur art et de leur passion.

www.laninkasi.ca
www.monyamathieu.com

Photographie de Jean-Sébastien Ouellet

par Lucie Vallée

Dimanche le 30 octobre, le Festival de jazz de Québec clôturait sa programmation en recevant le réputé saxophoniste Jo Lovano et sa formation US FIVE avec la jeune et remarquable contrebassiste Esperanza Spalding. Pour sa 5e année, cet événement qui prend de plus en plus d’envergure présentait des spectacles dans une trentaine de lieux de diffusion.

En première partie le pianiste Rafael Zaldivar, accompagné à la contrebasse par Rémi-Jean Leblanc et à la batterie par Philippe Melançon, interprétait quelques standards de jazz et des pièces de sa composition, bien supporté par l’acoustique de la salle Raoul Jobin. Ensuite, le programme principal était assuré par le quintet de Jo Lovano, accueilli avec enthousiasme par l’auditoire fin prêt pour la relecture proposée de classiques de Charlie Parker. Le réglage de la sonorisation pour cette deuxième partie fut plus difficile mais au fur et à mesure de la prestation, on pouvait noter une meilleure calibration sonore rendant justice à l’énergie et la qualité des interprètes. Joe Lovano au saxophone était accompagné de James Weidman au piano, Esperanza Spalding à la contrebasse, Otis Brown III, à la batterie et Francisco Mela, également à la batterie. Les musiciens ont eu l’occasion à tour de rôle de jouer des solos enlevants très appréciés du public. Jo Lovano, l’âme de la formation, a mené sa troupe de main de maître et une fois de plus Québec a été la scène de performances de calibre exceptionnel. Ce festival devient un évènement d’importance sur la planète jazz et, après une édition mettant en valeur le saxophone, l’organisation du festival a annoncé une année 2012 où la trompette sera à l’honneur.

Pour les curieux:
www.jazzaquebec.ca/index.html
www.joelovano.com/
www.esperanzaspalding.com/

Le roi est mort, vive le roi. La première édition québécoise du festival littéraire Québec en toutes lettres dédiée à Réjean Ducharme se terminait le 23 octobre après un succès critique et populaire réjouissant. À peine la poussière retombée que les organisateurs nous annoncent l’écrivain qui sera à l’honneur de la prochaine édition: Isaac Asimov. Ainsi, du 11 au 21 octobre 2012, l’automne de Québec sera coloré aussi par cet auteur biochimiste s’étant particulièrement illustré dans l’univers de la science-fiction et de la vulgarisation scientifique. L’appel de projets pour la programmation 2012 sera lancée le 14 novembre sur le site du festival et une soumission de propositions sera possible jusqu’au 13 janvier 2012. Les 450 oeuvres et plus qu’on attribue à Isaac Asimov sont matière à inspirer des activités et des évènements prometteurs.

À vos livres, prêt, partez…

www.quebecentoutreslettres.com

Par Micheline Simard

Parce qu’il avait choisi d’apporter sa contribution au festival littéraire «Québec en toutes lettres» qui vient de se terminer,  le théâtre jeunesse  Les Gros Becs, sis au 1143 rue Saint-Jean, nous a gâtés, à sa manière, en présentant l’adaptation d’un roman de Réjean Ducharme,  L’Océantume. 

C’était tout un défi à relever que s’était donné Sylvain Scott, le co-directeur du Théâtre Le Clou de Montréal. Mais il peut être fier du travail qu’il a fait en adaptant un texte romanesque aussi complexe, et ce, pour un public adolescent. Les mots et la fantasmagorie de Ducharme ne sont pas faciles d’accès, même pour les adultes passionnés. Favoriser l’approche d’un tel auteur à l’intention des jeunes est vraiment louable. Et on peut dire, sans hésiter, que la mise en scène de Scott,  les décors, les costumes et l’éclairage, sans oublier le jeu exigeant des comédiens, tout a contribué à cet objectif : faire vibrer l’assistance au gré des émotions, des cauchemars ou des rêves d’une Iode Souvie, une rebelle de 10 ans qui parle comme une adulte et qui est capable d’une exceptionnelle loyauté, que ce soit vis-à-vis un frère qui refuse de marcher ou une amie dont elle souhaitait, au départ, la mort.

Le sujet de L’Océantume est sérieux; le grotesque des personnages ou des situations ne parvient pas à nous le faire oublier. «En grandissant, un enfant use», a écrit Réjean Ducharme dans son roman.  L’adaptation nous a permis, cependant, de nous attendrir sur une de ces enfants prématurément usée.

Programmation du théâtre des Gros becs:  http://www.lesgrosbecs.qc.ca/spectacle/

Dimanche 23 octobre dans le cadre du Festival de Jazz de Québec, l‘auteure-compositrice et interprète Jacinta Luis présentait un spectacle intitulé Jazz Univers à la salle de bal du Château Frontenac. L’artiste d’origines indienne et africaine propose une musique jazz fusion internationale inspirée de saveurs latines, goanes de l’Inde, brésiliennes et du Québec, sa terre d’adoption.

Par la qualité de sa voix et le charme de ses interprétations, elle a su mettre en valeur lors de ce spectacle des chansons populaires et des standards qui composent partiellement son nouveau projet Jazz univers. Elle a présenté également des compositions très personnelles où le sitar se marie au piano dans un jazz contemporain et innovateur. Elle a partagé sa musique avec le public dans un plaisir et un enthousiasme authentiques et s’est adressée à l’auditoire avec beaucoup de naturel. Elle s’est entourée pour l’occasion de musiciens chevronnés: Adrian Vedady à la basse, Evan Green au sitar et à guitare, Claude Lavergne à la batterie et Shawn Mativetsky à la percussion et au tabla.

Habitant Montréal, elle sera de retour à Québec plusieurs fins de semaine de novembre pour des prestation dans l’atmosphère chaleureuse du Château Frontenac, écrin privilégié pour l’amateur de jazz.

Pour la programmation du Festival de Québec en cours jusqu’au 30 octobre: http://www.jazzaquebec.ca/programmation.html

Pour le site de Jacinta Luis: http://www.jacintaluis.com/index.php

par Micheline Simard

Dans le cadre du spectacle intitulé L’heure juste, le 15 octobre dernier, Ivy, le fondateur de Slamontréal et de la Ligue québécoise de slam (LIQS) a offert une performance artistique de qualité appuyé par sa voix chaude et bien posée. Les mots prenaient sens au gré des sons, des syllabes, des émotions ou dénonciations, de celui qui les avait choisis et rassemblés en toute liberté. Mais leur auteur, compositeur et slameur, offrait aussi à celui ou à celle qui les entendait de se les approprier. Car le flot des paroles d’Ivy a une visée poétique, bien identifiable dans le livret accompagnant son CD, Slamamérica, duquel avaient été puisés plusieurs des textes de la soirée.

«DIRE» pour redonner à chacun et à chacune le pouvoir des mots, le pouvoir de recréer le réel. «C’est le temps», nous rappelle Ivy. «Arrête de regarder l’heure…»

Ainsi, ce qui aurait pu n’être qu’un spectacle hors de la thématique du festival littéraire dédié à Réjean Ducharme, y collait parfaitement : l’habileté et le plaisir de l’écrivain à jongler avec la langue, plus exactement la parlure québécoise pour renouveler le discours, bousculant les certitudes et les conventions, se retrouvent à un certain point dans le travail efficace d’Ivy, dont on pourra suivre l’évolution à l’occasion de la sortie de son nouveau CD prévu en janvier ou février prochain.

Les activités de «Québec en toutes lettres» sont offertes gratuitement ou à un coût modeste. Encore pour quelques jours. Elles donnent la possibilité de mieux connaître Réjean Ducharme, son œuvre comme son influence au Québec ou dans le monde. Et parfois, de découvrir de nouvelles voies (voix)  littéraires. Il ne faut pas rater cette chance.

La programmation de Québec en toutes lettres: http://www.quebecentouteslettres.com/index.php?option=com_eventlist&view=eventlist&Itemid=8

Le site web de Ivy: http://www.ivycontact.com/

Photographie d’Alexandre Donato


Samedi le 15 octobre, Télé-Québec mettait en image une soirée spéciale dans le cadre de l’émission Belle et Bum au Cabaret du Capitole à Québec. Cette soirée soulignait le 50e anniversaire de création du ministère des Affaires culturelles (en 1961), aujourd’hui connu sous le nom de ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Pour l’occasion, les animateurs Geneviève Borne et Normand Brathwaite ont accueilli sur scène les musiciens du Pascale Picard Band, Andrée Watters, Bernard Adamus, Bia et Marième, entourés de la talentueuse équipe qui collabore à la réalisation de cette émission. Le spectacle était diffusé en direct à l’antenne de Télé-Québec et sera présenté en reprise vendredi le 21 octobre.

Pour le segment de l’émission plus intimiste, «le piano à gogo», les animateurs recevaient Jeannette Bertrand, cette grande dame des arts et de la culture, incarnant au Québec l’importance que peuvent avoir de ces domaines dans l’évolution d’une société. Jeannette Bertrand a été une actrice majeure de l’avènement du Québec moderne. Son oeuvre multidisciplinaire a contribué à la transformation de la société québécoise. Son influence a été marquante, particulièrement à travers son engagement pour la condition féminine et les nombreuses causes dans lesquelles elle s’est impliquée. Elle a oeuvré à susciter la prise de conscience  des asservissements  à des carcans sociaux et religieux étouffants et stériles du Québec de l’époque. Elle a ainsi contribué à une démarche vers une recherche d’une essentielle liberté de parole et de pensée et un apprentissage de la gestion de cette liberté.

En nouveauté pour la saison 2011-2012, Belle et Bum  a lancé le concours À fond la caisse!. Présentement, batteurs et percussionnistes amateurs sont invités à soumettre une prestation en ligne de leur interprétation d’une pièce musicale pour courir la chance de remporter le titre de « meilleur joueur de batterie du Québec » ou « meilleur percussionniste du Québec » et avoir l’opportunité de participer à l’émission Belle et Bum. Une fois approuvées par le comité de sélection, des prestations seront mise en ligne sur telequebec.tv et à partir du 28 octobre, il sera possible à tous de voter pour les prestations de son choix et donner l’opportunité aux gagnants d’expérimenter une expérience musicale et télévisuelle enrichissante.

http://belleetbum.telequebec.tv/