Archives de octobre, 2011

par Lucie Vallée

Dimanche le 30 octobre, le Festival de jazz de Québec clôturait sa programmation en recevant le réputé saxophoniste Jo Lovano et sa formation US FIVE avec la jeune et remarquable contrebassiste Esperanza Spalding. Pour sa 5e année, cet événement qui prend de plus en plus d’envergure présentait des spectacles dans une trentaine de lieux de diffusion.

En première partie le pianiste Rafael Zaldivar, accompagné à la contrebasse par Rémi-Jean Leblanc et à la batterie par Philippe Melançon, interprétait quelques standards de jazz et des pièces de sa composition, bien supporté par l’acoustique de la salle Raoul Jobin. Ensuite, le programme principal était assuré par le quintet de Jo Lovano, accueilli avec enthousiasme par l’auditoire fin prêt pour la relecture proposée de classiques de Charlie Parker. Le réglage de la sonorisation pour cette deuxième partie fut plus difficile mais au fur et à mesure de la prestation, on pouvait noter une meilleure calibration sonore rendant justice à l’énergie et la qualité des interprètes. Joe Lovano au saxophone était accompagné de James Weidman au piano, Esperanza Spalding à la contrebasse, Otis Brown III, à la batterie et Francisco Mela, également à la batterie. Les musiciens ont eu l’occasion à tour de rôle de jouer des solos enlevants très appréciés du public. Jo Lovano, l’âme de la formation, a mené sa troupe de main de maître et une fois de plus Québec a été la scène de performances de calibre exceptionnel. Ce festival devient un évènement d’importance sur la planète jazz et, après une édition mettant en valeur le saxophone, l’organisation du festival a annoncé une année 2012 où la trompette sera à l’honneur.

Pour les curieux:
www.jazzaquebec.ca/index.html
www.joelovano.com/
www.esperanzaspalding.com/

Le roi est mort, vive le roi. La première édition québécoise du festival littéraire Québec en toutes lettres dédiée à Réjean Ducharme se terminait le 23 octobre après un succès critique et populaire réjouissant. À peine la poussière retombée que les organisateurs nous annoncent l’écrivain qui sera à l’honneur de la prochaine édition: Isaac Asimov. Ainsi, du 11 au 21 octobre 2012, l’automne de Québec sera coloré aussi par cet auteur biochimiste s’étant particulièrement illustré dans l’univers de la science-fiction et de la vulgarisation scientifique. L’appel de projets pour la programmation 2012 sera lancée le 14 novembre sur le site du festival et une soumission de propositions sera possible jusqu’au 13 janvier 2012. Les 450 oeuvres et plus qu’on attribue à Isaac Asimov sont matière à inspirer des activités et des évènements prometteurs.

À vos livres, prêt, partez…

www.quebecentoutreslettres.com

Par Micheline Simard

Parce qu’il avait choisi d’apporter sa contribution au festival littéraire «Québec en toutes lettres» qui vient de se terminer,  le théâtre jeunesse  Les Gros Becs, sis au 1143 rue Saint-Jean, nous a gâtés, à sa manière, en présentant l’adaptation d’un roman de Réjean Ducharme,  L’Océantume. 

C’était tout un défi à relever que s’était donné Sylvain Scott, le co-directeur du Théâtre Le Clou de Montréal. Mais il peut être fier du travail qu’il a fait en adaptant un texte romanesque aussi complexe, et ce, pour un public adolescent. Les mots et la fantasmagorie de Ducharme ne sont pas faciles d’accès, même pour les adultes passionnés. Favoriser l’approche d’un tel auteur à l’intention des jeunes est vraiment louable. Et on peut dire, sans hésiter, que la mise en scène de Scott,  les décors, les costumes et l’éclairage, sans oublier le jeu exigeant des comédiens, tout a contribué à cet objectif : faire vibrer l’assistance au gré des émotions, des cauchemars ou des rêves d’une Iode Souvie, une rebelle de 10 ans qui parle comme une adulte et qui est capable d’une exceptionnelle loyauté, que ce soit vis-à-vis un frère qui refuse de marcher ou une amie dont elle souhaitait, au départ, la mort.

Le sujet de L’Océantume est sérieux; le grotesque des personnages ou des situations ne parvient pas à nous le faire oublier. «En grandissant, un enfant use», a écrit Réjean Ducharme dans son roman.  L’adaptation nous a permis, cependant, de nous attendrir sur une de ces enfants prématurément usée.

Programmation du théâtre des Gros becs:  http://www.lesgrosbecs.qc.ca/spectacle/

Dimanche 23 octobre dans le cadre du Festival de Jazz de Québec, l‘auteure-compositrice et interprète Jacinta Luis présentait un spectacle intitulé Jazz Univers à la salle de bal du Château Frontenac. L’artiste d’origines indienne et africaine propose une musique jazz fusion internationale inspirée de saveurs latines, goanes de l’Inde, brésiliennes et du Québec, sa terre d’adoption.

Par la qualité de sa voix et le charme de ses interprétations, elle a su mettre en valeur lors de ce spectacle des chansons populaires et des standards qui composent partiellement son nouveau projet Jazz univers. Elle a présenté également des compositions très personnelles où le sitar se marie au piano dans un jazz contemporain et innovateur. Elle a partagé sa musique avec le public dans un plaisir et un enthousiasme authentiques et s’est adressée à l’auditoire avec beaucoup de naturel. Elle s’est entourée pour l’occasion de musiciens chevronnés: Adrian Vedady à la basse, Evan Green au sitar et à guitare, Claude Lavergne à la batterie et Shawn Mativetsky à la percussion et au tabla.

Habitant Montréal, elle sera de retour à Québec plusieurs fins de semaine de novembre pour des prestation dans l’atmosphère chaleureuse du Château Frontenac, écrin privilégié pour l’amateur de jazz.

Pour la programmation du Festival de Québec en cours jusqu’au 30 octobre: http://www.jazzaquebec.ca/programmation.html

Pour le site de Jacinta Luis: http://www.jacintaluis.com/index.php

par Micheline Simard

Dans le cadre du spectacle intitulé L’heure juste, le 15 octobre dernier, Ivy, le fondateur de Slamontréal et de la Ligue québécoise de slam (LIQS) a offert une performance artistique de qualité appuyé par sa voix chaude et bien posée. Les mots prenaient sens au gré des sons, des syllabes, des émotions ou dénonciations, de celui qui les avait choisis et rassemblés en toute liberté. Mais leur auteur, compositeur et slameur, offrait aussi à celui ou à celle qui les entendait de se les approprier. Car le flot des paroles d’Ivy a une visée poétique, bien identifiable dans le livret accompagnant son CD, Slamamérica, duquel avaient été puisés plusieurs des textes de la soirée.

«DIRE» pour redonner à chacun et à chacune le pouvoir des mots, le pouvoir de recréer le réel. «C’est le temps», nous rappelle Ivy. «Arrête de regarder l’heure…»

Ainsi, ce qui aurait pu n’être qu’un spectacle hors de la thématique du festival littéraire dédié à Réjean Ducharme, y collait parfaitement : l’habileté et le plaisir de l’écrivain à jongler avec la langue, plus exactement la parlure québécoise pour renouveler le discours, bousculant les certitudes et les conventions, se retrouvent à un certain point dans le travail efficace d’Ivy, dont on pourra suivre l’évolution à l’occasion de la sortie de son nouveau CD prévu en janvier ou février prochain.

Les activités de «Québec en toutes lettres» sont offertes gratuitement ou à un coût modeste. Encore pour quelques jours. Elles donnent la possibilité de mieux connaître Réjean Ducharme, son œuvre comme son influence au Québec ou dans le monde. Et parfois, de découvrir de nouvelles voies (voix)  littéraires. Il ne faut pas rater cette chance.

La programmation de Québec en toutes lettres: http://www.quebecentouteslettres.com/index.php?option=com_eventlist&view=eventlist&Itemid=8

Le site web de Ivy: http://www.ivycontact.com/

Photographie d’Alexandre Donato


Samedi le 15 octobre, Télé-Québec mettait en image une soirée spéciale dans le cadre de l’émission Belle et Bum au Cabaret du Capitole à Québec. Cette soirée soulignait le 50e anniversaire de création du ministère des Affaires culturelles (en 1961), aujourd’hui connu sous le nom de ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Pour l’occasion, les animateurs Geneviève Borne et Normand Brathwaite ont accueilli sur scène les musiciens du Pascale Picard Band, Andrée Watters, Bernard Adamus, Bia et Marième, entourés de la talentueuse équipe qui collabore à la réalisation de cette émission. Le spectacle était diffusé en direct à l’antenne de Télé-Québec et sera présenté en reprise vendredi le 21 octobre.

Pour le segment de l’émission plus intimiste, «le piano à gogo», les animateurs recevaient Jeannette Bertrand, cette grande dame des arts et de la culture, incarnant au Québec l’importance que peuvent avoir de ces domaines dans l’évolution d’une société. Jeannette Bertrand a été une actrice majeure de l’avènement du Québec moderne. Son oeuvre multidisciplinaire a contribué à la transformation de la société québécoise. Son influence a été marquante, particulièrement à travers son engagement pour la condition féminine et les nombreuses causes dans lesquelles elle s’est impliquée. Elle a oeuvré à susciter la prise de conscience  des asservissements  à des carcans sociaux et religieux étouffants et stériles du Québec de l’époque. Elle a ainsi contribué à une démarche vers une recherche d’une essentielle liberté de parole et de pensée et un apprentissage de la gestion de cette liberté.

En nouveauté pour la saison 2011-2012, Belle et Bum  a lancé le concours À fond la caisse!. Présentement, batteurs et percussionnistes amateurs sont invités à soumettre une prestation en ligne de leur interprétation d’une pièce musicale pour courir la chance de remporter le titre de « meilleur joueur de batterie du Québec » ou « meilleur percussionniste du Québec » et avoir l’opportunité de participer à l’émission Belle et Bum. Une fois approuvées par le comité de sélection, des prestations seront mise en ligne sur telequebec.tv et à partir du 28 octobre, il sera possible à tous de voter pour les prestations de son choix et donner l’opportunité aux gagnants d’expérimenter une expérience musicale et télévisuelle enrichissante.

http://belleetbum.telequebec.tv/

Le centre d’artiste La chambre blanche a lancé le 15 septembre 2011 une campagne de financement d’une formule originale qui s’étalera sur une période d’un an, jusqu’en septembre 2012, avec un objectif d’amasser $40 000. La campagne de financement CUBE, parrainée par le cofondateur de la compagnie de technologies numériques iXmédia, Carl-Frédéric De Celles, propose un décloisonnement de différents milieux très dynamiques à Québec, soit ceux des arts, de la technologie et des affaires. Le choix du thème de la campagne réfère aux possibilités multidimensionnelles offertes par l’objet cubique. Ainsi, cette campagne vise à créer des possibilités de construction d’espaces inédits pour les acteurs de différents secteurs d’activités de la techno-culture permettant des opportunités de rencontres, d’échanges et de collaborations propices à stimuler la créativité.

Premier centre d’artiste de la ville de Québec fondé en 1978, La chambre blanche, située sur la rue Christophe Colomb dans le quartier St-Roch, supporte une variété de programmes dans le cadre de son mandat de diffusion et d’expérimentation des arts visuels avec un accent particulier sur les résidences internationales in situ et les laboratoires de production web.

Au cours de la prochaine année, différents activités seront organisées dans le cadre de la campagne CUBE. Ainsi ce jeudi 20 octobre 2011, un évènement dégustation et rencontre avec l’artiste brésilien Claudio Bueno, actuellement en résidence à Québec, est proposé à la Chambre blanche pour une contribution de $25.

Pour les curieux:

Par Lucie Vallée

Le festival littéraire Québec en toutes lettres a été lancé hier le 13 octobre à 17h par la Sainte-Cassette-de-l’ouverture, titre qu’on a voulu «ducharmien» pour cet évènement qui prenait place à l’église St-Roch. Dans le décor majestueux de cette église de plus en plus partie prenante de la vie culturelle à Québec, un chemin de croix présentait des extraits de la programmation offerte par les organisateurs pour les deux prochaines semaines et des numéros spéciaux publiés par les revues littéraires Nuit blanche, Québec français et L’écrit primal consacrés à Réjean Ducharme, dans une mise en scène signée par l’artiste de théâtre Erika Gagnon. Un spectacle cassait aussi la glace à la salle Multi de Méduse. Intitulé La vraie vie est ailleurs, ce projet mettait en lumière des chansons composées par Réjean Ducharme à l’époque pour Robert Charlebois dans une «comédie musicale» inspirée mettant notamment en scène le comédien-chanteur Sylvain Scott accompagné des musiciens Sophie Desrosiers (violoncelle), Patrice Massicotte (guitares), et Benoît Landry (piano).

La programmation du festival foisonne de proposition intéressantes. Côté spectacle, les extraits proposés au lancement  notamment pour L’heure juste le 15 octobre (le slameur Ivy), Grand jeté d’encre le 16 octobre (lecture dansée) ou Détour de chant les 17 et 18 octobre (théâtre du rue musical) étaient bien prometteurs. À souligner, l’auteur français Olivier Adam en visite au Québec s’est intégré au programme du festival et présente une classe de maître sur l’écriture le 15 octobre en matinée ainsi qu’une lecture musicale, Le coeur régulier, le 16 octobre à la salle Multi de la coopérative Méduse.

Pour plus d’information voir la programmation du Festival Québec en toutes lettres: http://www.quebecentouteslettres.com/index.php?option=com_eventlist&view=eventlist&Itemid=8

Photographie de Louise Leblanc


par Micheline Simard

Telle était la proposition que nous faisait, vendredi le 7 octobre dernier, le chef Bernard Labadie, alors qu’il allait diriger son célèbre orchestre de chambre, les Violons du Roy, au Palais Montcalm – lieu de résidence de ces musiciens où il nous est possible d’admirer leur excellence ainsi que celle des invités.

À l’occasion du premier concert de la série des Grands Rendez-vous de la saison 2011-2012, la «symphonie des lumières» annoncée s’est bel et bien matérialisée à la salle Raoul Jobin : que ce soit à travers les envolées de Haydn dans la Symphonie no 101 en ré majeur, qui nous ont soulevés à la fin du concert, ou au tout début, par la Symphonie en do mineur, op.12, no 4  du compositeur allemand, H.-J. Riegel, qui a permis aux Violons du Roy de nous envoûter par ses allegro ou largo. Mais aussi lumineux que cela fut, la soirée aurait manqué d’éclat si Karina Gauvin ne nous avait pas irradiés par sa voix bouleversante, vaste et somptueuse. Les œuvres choisies de Porpora ou de Mozart, dans l’ordre final établi, nous ont fait passer de la douleur de l’âme à un espoir de libération. De l’ombre à la lumière. On aurait souhaité que ces instants de grâces ne cessent. Madame Gauvin nous avait bien préparé une petite surprise, mais cet ajout au programme ne pouvait suffire à nous rassasier.

Alors, pour les personnes désireuses de réentendre le concert, ou pour celles qui l’ont raté et qui auraient le goût d’une lumière quasi divine, il sera diffusé sur les ondes d’Espace Musique de Radio-Canada, dimanche le 30 octobre prochain.

http://www.violonsduroy.com/fr

par Anny Bussières

Quelle bonne idée que ce premier « Quebecrime Festival », organisé par le propriétaire de la Maison Anglaise, Guy Dubois, et par le blogueur Jacques Filippi! Les mordus de polars et d’enquêtes criminelles seront servis avec des activités se déroulant sur trois jours. En ouverture, le vendredi 28 octobre 2011 à 19h, l’église St. Andrew’s proposera une soirée de lecture de textes et de discussions, suivie d’une séance de signatures, avec les auteurs John Brady, Anne Emery, Denise Mina, Louise Penny et Ian Rankin. Belle occasion de découvrir les aventures québécoises de l’inspecteur Armand Gamache, créé par Penny, et d’en apprendre davantage sur le phénomène John Rebus, imaginé par Rankin.

Le samedi, programme double : le tout débute à 13h30 au Morrin Centre avec une table ronde d’une heure avec les auteurs Lawrence Block, John Brady, Hilary Davidson, Andrew Pyper, Craig Mcdonald et Daniel Woodrell, suivie d’une période de question et d’une séance de signatures. Ces mêmes auteurs se retrouveront de nouveau à 19h pour une soirée de lecture, toujours au Morrin Centre. Block discutera de ses personnages fétiches, l’insomniaque Tanner et le tueur à gage Keller notamment, tandis que Davidson, une auteure nouvellement publiée, parlera de ses premiers pas dans l’écriture de polars.

Le Festival terminera ses activités le dimanche 30 octobre avec un second programme double, mettant en vedette les auteurs Ian Hamilton, Simon Toyne et Trevor Ferguson, et proposant le même horaire que le samedi, au même endroit.

En marge de ces rencontres d’auteurs se déroulera, pendant toute la fin de semaine, l’activité « CSI : Erreur Watson ! La chimie au service de la justice », organisée en collaboration avec le Département de chimie de l’université Laval. Les participants seront invités à analyser une scène de crime, pour ensuite se rendre au laboratoire de chimie afin d’élucider le mystère. Cinq séances par jour seront offertes les 29 et 30 octobre.

Les billets pour le Festival peuvent être achetés en ligne, à l’adresse identifiée en signature de chronique. La passe de 50 $ donne accès à toutes les activités, incluant l’atelier CSI; on peut également se procurer des billets pour une activité en particulier, au coût de 20 $. Les places pour l’activité CSI étant limitées à 10 par séance, les réservations s’avèrent obligatoires. Il est à noter que toutes les activités se dérouleront uniquement en anglais.

Pour plus d’information et pour l’achat et la réservation de billets: http://www.quebecrime.com/

Pour le blog polar de Jacques Filippi : http://houseofcrimeandmystery.blogspot.com/